Fonds de recherche innovatrice et exploratoire de la Fondation des maladies du cœur du Canada

Dr. Sophie Lerouge
Université de Montréal

Et si c’était possible?

Un nouveau fonds de la Fondation des maladies du cœur permet aux plus brillants chercheurs d’explorer des idées nouvelles pour combattre les maladies 

 
Frederick Banting a prouvé que, parfois, il suffit de suivre son intuition. Il avait eu l’idée d’isoler une partie du pancréas et, enfermé dans un laboratoire sous la chaleur torride de l’été 1921 avec son assistant Charles Best, il a découvert l’insuline. Moins d’un an après sa découverte, le diabète n’était plus une condamnation à mort pour des millions de personnes. 
 
La Fondation des maladies du cœur du Canada (FMCC) a toujours appuyé les travaux imaginatifs et innovateurs personnifiés par Banting et Best. Ce soutien vient de prendre forme officiellement avec la création du Fonds de recherche innovatrice et exploratoire de la Fondation des maladies du cœur, qui permettra à nos chercheurs les plus reconnus de suivre leurs intuitions les plus prometteuses.  
 
« Nous savons que ces chercheurs sont brillants, parce que nos comités d’examen les considèrent comme des sommités dans leur domaine, dit Linda Piazza, directrice de la recherche à la FMCC. Nous leur donnons la chance de poursuivre une idée qui, si elle s’avère exacte, pourrait changer le monde. » 
 
Cette bourse d’une durée d’un an permettra à des esprits innovateurs de mettre des idées audacieuses et nouvelles à l’essai. Trois bourses ont été décernées cette année. 
 
Dre Sophie Lerouge, professeure à l’École de technologie supérieure et chercheure au Centre de recherche de l’Université de Montréal, a une idée qui pourrait sauver des vies lors du traitement des anévrismes de l’aorte abdominale, un problème de santé qui affecte huit pour cent des hommes âgés de plus de 65 ans. 
 
Les anévrismes de l’aorte abdominale surviennent lorsque cette importante artère située dans l’abdomen fait une protubérance posant ainsi une menace mortelle en cas de rupture. Le traitement conventionnel exige une chirurgie qui expose à passablement de risques et implique une longue convalescence à l’hôpital. Une nouvelle intervention toute simple permet d’éviter ces complications en insérant un tuteur ou tube à l’intérieur de l’artère sur le site de l’anévrisme. Bien que ce nouveau procédé puisse sauver des vies et raccourcir la durée d’hospitalisation, des complications reliées à l’infiltration de sang à l’intérieur de l’anévrisme en ont jusqu’ici limité l’utilisation. 
 
Dre Lerouge désire optimiser et faire l’essai d’un gel injectable dérivé des carapaces de crevettes et d’autres crustacés, qui agit comme agent bioadhésif occlusif permettant de prévenir les infiltrations. Si cette idée fonctionne, elle pourrait sauver des vies, avoir un impact important sur le traitement des anévrismes et permettre à davantage de personnes d’être traitées à l’aide d’une procédure minimalement invasive plutôt que de subir une intervention chirurgicale majeure. 
 

 
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